Axe de recherche du Cellf , laboratoire CELLF 16-18

Les Moralistes français de Montaigne à Chamfort

On croit savoir ce qu’est un moraliste, à tort peut-être. Plus d’un, aux XVIIe et XVIIIe siècles, qu’on ne saurait ne pas dire moraliste, se dispense d’écrire par maxime et caractère. La difficulté est de définir moins un genre qu’un mode et un objet de pensée, de circonscrire le champ d’une pratique qui ne soit celle ni du philosophe ni du doctrinaire. Tributaire, il est vrai, de l’histoire des idées, dont les sources se découvrent dans le lointain des civilisations et la proximité des cultures contemporaines, la réflexion morale marque sa spécificité en privilégiant la satire de l’homme actuel, en se dotant jusque dans le discours continu de la séduction de l’aphorisme. Car le goût du discontinu et du condensé ne cesse de prospérer de l’Antiquité à la Renaissance, et dans notre XXe siècle même. À nous d’examiner comment modèles et thèmes, au cours et autour de cette période privilégiée que furent pour les moralistes les XVIIe et XVIIIe siècles, se perpétuent, se modifient, fixent ou fuient les normes de ce qui n’est jamais tout à fait un genre