Centre d’étude de la langue et des littératures françaises
Centre d’étude de la langue et des littératures françaises

Victor Hugo-Louise Michel : de maître à disciple ?

19:30
à 21:50

__

Conférences de Claude Rétat (27-28 octobre 2022)

27.10 | 19.30:
Centre national de littérature
2, Rue Emmanuel Servais
L-7565 Mersch

28.10 | 19.30:
Ancien Cinéma Café Club
23, Grand-Rue
L-9410 Vianden

RÉSERVATION:
musee@victor-hugo.lu

En 1925, scoop dans la presse pour l’anniversaire de la Commune
de Paris (18 mars 1871): le journaliste Gustave Simon révèle la
correspondance de la jeune Louise Michel avec Victor Hugo. Ils ont
une génération d’écart, il est né en 1802, elle est née en 1830.
Hugo, c’est son idole, littéraire, politique, c’est aussi son
confident, l’ami et le mentor qu’elle se choisit.
De là une relation jamais interrompue. Viro major (« Plus grande
qu’un homme » ou « Plus grande que l’homme »), c’est le poème
que Victor Hugo consacre à la communarde qui vient de passer en
conseil de guerre et d’y être condamnée à la déportation
(décembre 1871), après avoir tout fait pour s’entremettre en sa
faveur. Déportée en Nouvelle-Calédonie, Louise Michel raconte
qu’elle grave les vers de Hugo dans la roche, face à la mer et à la
tempête. Des vers de Châtiments, adressés au peuple, pour qu’il
ressurgisse de la mort : « Lazare ! Lazare ! Lazare ! Lève-toi ».
Le dialogue Victor Hugo – Louise Michel va largement au-delà de
l’épisode de jeunesse ou du document biographique. Toute l’oeuvre
de Louise Michel se ressent de la présence hugolienne, la cultive
et dialogue avec elle, — mais aussi l’infléchit, la métabolise et la
métamorphose. De Hugo elle tire un mot d’ordre : « Harmodius,
c’est l’heure »… mais ce mot ne sonne pas la même heure chez
Louise Michel.

L’oeuvre de l’écrivaine, considérable (poèmes, nouvelles, romans,
drames, légendes…), accompagne intimement son oeuvre d’action.
Cette romantique n’est pas une femme de théorie : abstraire n’a
pas prise sur le monde, mais la littérature, oui. Mobiliser les mots,
les images, les rythmes, c’est, avec Hugo et au-delà, actionner les
esprits et les corps, saper l’état de fait par le « rêve », préparer
le changement du monde, société et nature.

Conférencier·e
Laboratoire

Autres événements