Centre d’étude de la langue et des littératures françaises
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Romans et nouvelles
J.-K. Huysmans

À rebours offre à Huysmans une place à part dans le paysage littéraire. En 1884, ce fut une déflagration. Barbey réutilisa la formule par laquelle il avait salué Les Fleurs du Mal : après un tel livre, l’auteur n’a plus qu’à choisir «entre la bouche d’un pistolet et les pieds de la croix». Mais cette formule ne rend pas compte de l’extraordinaire nouveauté du roman. Avec le personnage de Des Esseintes, Huysmans saisit l’essence de la fin-de-siècle : l’heure est à la névrose. S’il est bien le roman d’une génération, salué par Mallarmé, et inspirateur notamment du Portrait de Dorian Gray, À rebours opère une percée vers le XXe siècle.
Cet arbre ne devrait pourtant pas cacher la forêt romanesque de Huysmans. Roman naturaliste, Marthe, histoire d’une fille (1876) – qui fut interdit en France – lui permet de se lier avec Zola, à qui est dédié Les Sœurs Vatard en 1879. Sac au dos (1877 et 1880) est une courte et burlesque épopée de la guerre de 1870. En ménage (1881) décrit l’itinéraire d’André Jayant, romancier raté, célibataire en proie à des «crises juponnières» : l’un des meilleurs romans de Huysmans, selon le héros de Soumission de Michel Houellebecq, qui s’y connaît. Puis vient le Folantin d’À vau-l’eau (1882). Il est Huysmans, l’homme moderne, M. Tout-le-monde, personne. Il a renoncé à tout, sauf à se nourrir ; c’est l’«Ulysse des gargotes», disait Maupassant. À vau-l’eau est un très grand petit livre. Mais Huysmans suffoque dans le «cul de sac» naturaliste. À rebours marque le tournant que l’on sait. En rade (1887), c’est le rêve avant Freud, ou le passage du naturalisme au surnaturel. Là-bas (1891) est le roman du satanisme, et En route (1895) le livre de la conversion et une autobiographie spirituelle.

ISBN : 9782072699825
Ville : Paris
Collection : Bibliothèque de la Pléiade
Éditeur·trice·s scientifique·s : Jean-Pierre Bertrand, Per Buvik, Jacques Dubois, Guy Ducrey, Francesca Guglielmi, Gaël Prigent et Andrea Schellino
Directeur·trice·s scientifique·s : André Guyaux et Pierre Jourde
Le CELLF (Centre d’étude de la langue et des littératures françaises) est une unité mixte de recherche de Sorbonne Université et du CNRS (UMR 8599). Il est issu du rapprochement, en janvier 2014, de plusieurs unités et équipes de recherche de Sorbonne Université : d’une part le CELLF 17-18, fondé en 1967 et consacrant ses travaux aux textes littéraires des XVIIe et XVIIIe siècles ; d’autre part deux équipes d’accueil : le « Centre de recherche sur la création littéraire en France…

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